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Vent de panique sur la Bourse de Tunis. Imprimer E-mail
  
jeudi 7 octobre 2010 14:37
  «Journée noire », mercredi, sur la Bourse de Tunis. A 13h45, le Tunindex affichait déjà une baisse de 4,34 %, avec des taux semblables dans tous les compartiments sans aucune exception de la Bourse de Tunis. L’indice phare de la BVMT se relèvera certes un tout petit peu après, mais terminera quand même la séance du mercredi 6 octobre 2010 en berne de 3,99 %, avec des chutes de plus de 4 % dans tous les compartiments financiers de la Bourse de Tunis. 

De mémoire de boursicoteur, jamais pareille baisse n’avait été enregistrée depuis le choc des années 95-96, suite alors à l’institution des marges de fluctuation quotidiennes. Cela, si l’on excepte les deux grandes baisses de 2008 dans la foulée de la crise financière internationale.

Chez plus d’un intermédiaire, on se plaint de la baisse du volume des transactions et on fait état de plus d’une démarche de plus d’un investisseur en bourse pour vendre et s’en désengager. Un vent de panique avait commencé, depuis avant-hier mardi 6 octobre 2010, à souffler sur la Bourse de Tunis.

Derrière cette panique, quelques articles du projet de loi de finances 2011, qui commencent déjà à circuler sous le manteau chez certains initiés et certains intermédiaires boursiers. A en croire nos sources, les articles 35 et 36 du projet de la prochaine loi de finances se proposeraient d’introduire une nouvelle taxation sur les plus-values boursières. Selon ces mêmes sources, ces nouvelles dispositions se proposeraient de prélever une taxe de 10 % sur toutes les plus-values de 10 mille DT faites en bourse en moins d’une année.
A en croire certaines autres sources, plus modérées et compréhensives sur la Bourse de Tunis, la finalité de ces nouvelles dispositions à prendre lors de l’adoption de la prochaine loi de finances 2011 serait de stabiliser l’investissement sur la Bourse de Tunis et de lutter contre les investissements volatils qui rentrent, achètent et vendent en moins d’une année, après avoir réalisé la plus haute plus-values née de l’introduction et du rush qui accompagne chaque nouvelle introduction en Bourse. On comprend aisément ce souci, lorsqu’on se rappelle la fuite de certains hedge funds étrangers, dès les premiers souffles de la crise internationale. L’intention ne serait alors pas tant de ponctionner que de sanctionner l’investissement volatil.

A en croire d’autres, notamment chez les intermédiaires en bourse, ce ne serait pas tant la taxation qui ferait peur que le manque ou le déficit de communication à son propos. Il est vrai qu’au ministère des Finances, on a pris, depuis plusieurs décennies, l’habitude de travailler en interne et en catimini sur la loi de finances qui reste généralement soumise à une chape de plomb, jusqu’après son passage devant les commissions spécialisées de la Chambre des Députés où les arbitrages sont faits et à la suite desquels elle devient intouchable et éventuellement communicable.

Ce qui inquiète pour l’instant les investisseurs et les épargnants sur un marché boursier tunisien, fait plus de boursicoteurs que d’institutionnels, ce sont les modalités d’application de cette taxe sur la valeur ajoutée, jusque- là inconnues et qui pourraient aboutir à plus d’un travers. On évoque ici notamment le mode de prélèvement de cette taxe. Incorporée à la CTB (Commission de Transaction Boursière) versée au CMF (Conseil du Marché Financier), elle pourrait passer presqu’inaperçue. Déclarée directement par les intermédiaires boursiers, elle pourrait les amener à violer le secret financier et provoquerait la fuite des investisseurs qui ne voudraient surtout pas d’une si grande visibilité chez les services fiscaux.

Pour plus d’un observateur en tout cas, la Bourse de Tunis « n’a pas maintenant besoin » d’une telle loi, une bourse encore en développement et qu’on présente généralement et volontiers comme l’alternative idoine au financement des entreprises, traditionnellement assuré par un secteur bancaire qui alourdit leurs charges et les pénalise.

L’information a en tout cas été publiée, depuis lundi dernier, par le journal Assabah. Si elle se vérifiait, la loi projetée risquerait d’impacter négativement les prochaines introductions en bourse, en l’occurrence celle de la CTN et de la SNDP. Au ministère des Finances, on dément catégoriquement l’existence d’un tel projet de loi. On apprend quand même que le ministre des Finances, Ridha Chalghoum, fin connaisseur de la bourse du fait de son long passage à la tête du CMF, recevra jeudi 7 octobre 2010 dans la matinée, une délégation d’intermédiaires boursiers.

Source: http://www.africanmanager.com/detail_article.php?art_id=129699
Last Updated ( samedi 24 mars 2012 19:28 )
 
Author Profile: Najed K

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